Un aller-retour dans la stratosphère

Publié le dimanche 10 mai 2015 00:42 Écrit par Article du JDC du 24 avril 2015

Des lycéens de Jules-Renard réalisent, dans le cadre de leurs études, un ballon de mesures météorologiques, qui va monter à 35 km d’altitude. Lâcher prévu mercredi 20 mai.

Appliqués devant leurs écrans, cinq lycéens se répartissent les tâches. Joffrey, Florian, Donovan, Kevin et Sébastien sont en Terminale au lycée Jules-Renard. Ils préparent une "mission" particulière.

Mercredi 20 mai, ils vont lâcher, depuis la cour de leur établissement, un ballon stratosphérique. Gonflé à l'hélium, l'engin va emporter une nacelle remplie de capteurs et appareils de mesure de données météorologiques, jusqu'à une altitude de 35 km.

Ce projet original, mené pour la première fois dans la Nièvre, s'inscrit dans le cadre du Baccalauréat STI2D (lire ci-contre). Les élèves seront notés sur cette réalisation, qui comptera pour l'obtention de leur diplôme. Leur travail se fait en partenariat avec le Centre national d'études spatiales et l'association Planète sciences.

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Delphine Pertuisot, de l’association Planète sciences, montre un modèle du ballon sur lequel travaillent cinq élèves de Teminale, sous les yeux de leur proviseur, Alban Georges, et de leur professeur, Damien Laivier.? - photo fred lonjon

Des caméras embarquées 

Après le Bac, ils se voient poursuivre leurs études dans les domaines de l'informatique, l'électronique ou l'aéronautique. « Ce projet de ballon stratosphérique est intéressant car il est à la croisée de toutes ces technologies. Il demande, en outre, un vrai travail d'équipe », résume Damien Laivier, l'un des professeurs qui encadre les jeunes.

Plusieurs classes de Seconde ont également été associées à la réalisation du projet, dans le cadre de leurs enseignements d'exploration.

Le 20 mai, portée par ce ballon d'environ 2 m de diamètre au sol (et qui gonflera jusqu'à 10 m de diamètre à 35 km de la surface), la nacelle, un casier de moins de 2,5 kg, fera un aller-retour de trois heures dans la stratosphère. Grâce aux capteurs électroniques qu'elle embarque, les élèves pourront suivre, en temps réel, le voyage du ballon. Ils auront des données sur la température, l'humidité, la luminosité, la pression et l'accélération de l'objet volant. Mais aussi des images du vol, prises par des caméras.

Un GPS pour retrouver la nacelle

Puis le ballon éclatera et la nacelle redescendra, freinée par un parachute. Elle devrait atterrir, en principe, dans un rayon de plus ou moins une heure de voiture autour de Nevers. « Il y a un numéro de téléphone inscrit dessus, au cas où des gens la retrouvent », explique Delphine Pertuisot, de Planète sciences, qui a déjà suivi des projets similaires dans d'autres établissements scolaires. « Parfois, certains nous appellent, un peu inquiets. Ils se demandent ce qui a atterri dans leur jardin. »

Mais la nacelle peut aussi tomber dans un champ, sur un arbre, dans un endroit peu accessible. Elle contient un GPS pour aider les jeunes à la retrouver. Leur plus grande crainte : qu'elle tombe dans un étang ou un lac. Le matériel serait alors perdu. Mais pas les données, enregistrées. Et surtout pas l'expérience et la satisfaction d'avoir mené à bien un projet pointu et innovant.

Jean-Mathias Joly
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Voir la description du projet

Voir le récapitulatif de cette formidable aventure (format pdf - juillet 2015)