Le sénateur Gorce convié à discourir sur l’euthanasie

Publié le dimanche 20 avril 2014 21:30 Écrit par Article du JDC du 17-04-2014-Eric Bonnet

Comment les lois prennent corps depuis leur gestation à leur application ? Sur le thème de la fin de vie, les lycéens ont trouvé des éléments de réponse.

Dans le cadre de leur cours d'Éducation civique, juridique et sociale, dispensé par Natacha Viard, deux classes de Terminale S, de Jules-Renard, ont travaillé sur la trame de l'euthanasie, sur le cheminement de l'élaboration d'une loi, depuis sa période de gestation jusqu'à son application.

Un travail de fond pour mieux appréhender le fonctionnement des institutions, et se convaincre que la politique, « voter », implique un choix de société. Loin de l'image médiatique de clans en opposition systématique et de la cuisine interne des partis.

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La question de l’euthanasie passée au crible.? - Photo Lionel brügger

Inviter l'ex-président de la commission spéciale qui a contribué, en 2005, à l'élaboration de la loi Léonetti, Gaëtan Gorce, s'imposait comme une évidence. Avec le parlementaire nivernais, les lycéens ont passé au crible la question, depuis le long travail de l'ombre qui avait amené les membres de la commission à auditionner pendant sept mois, l'ensemble des parties prenantes jusqu'aux évolutions souhaitables dont pourrait tenir compte le futur projet de loi que devrait présenter, devant l'Assemblée nationale, dans les mois qui viennent, Marisol Touraine.

 

En 2005, la loi Léonetti faisait franchir, à la législation française, un pas important vers la reconnaissance d'une prise en charge accompagnée de la fin de vie en comblant un vide juridique.

Évolution de la loi

Les partis ne défendant aucune ligne de principe sur la question, un débat en profondeur était engagé qui débouchait sur la loi Léonetti. Une loi, toute en nuances, qui proscrit l'euthanasie active mais considère que les traitements peuvent ne pas être poursuivis par une « obstination déraisonnable », à la demande réitérée du malade et constatée par plusieurs personnes.

Une loi restée au milieu du gué puisqu'elle suppose que les malades en fin de vie soient dépendants d'un traitement et hospitalisés.

Une évolution de la loi vers un accompagnement actif de la fin de vie est attendue. Ira-t-on vers l'autorisation de l'injection létale ? « Dans quelles limites, s'interroge le sénateur. À partir de quel moment ? Les maladies mentales, genre Alzheimer, y auront-elles accès ? Quid des mineurs ? La réflexion n'a pas été poussée assez loin sur ces questions. Il faudra une loi partielle, susceptible d'être réévaluée dans le temps. Il faut être "pragméthique" », a conclu Gaëtan Gorce.

Éric Bonnet
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