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Publié le vendredi 3 septembre 2021 13:32 Écrit par MOUROT-Thierry

Reprise de l'enseignement de spécialité théâtre au lycée Raoul Follereau

 

Réciter, déclamer, jouer. Émouvoir, surprendre, questionner, de la scène à la salle. Le rôle du comédien n'est pas seulement celui de son personnage. Tel un artisan du verbe, il façonne une pièce poreuse tant au réel qu'à l'imaginaire, un espace ouvert à tous les possibles. « Ce que l'on souhaite, c'est emmener les élèves vers la création. Qu'ils comprennent qu'un texte n'est qu'une base sur laquelle développer ses envies », explique Léonard Matton, codirecteur artistique de la compagnie A2R (Antre 2 Rêves) basée en Puisaye et bientôt en résidence à La Maison.

De Molière à Victor Hugo

Comme son ancien professeur, Roch-Antoine Albaladéjo, il interviendra cette année dans les cours de spécialité théâtre du lycée Raoul Follereau, grâce au soutien de la Direction régionale des affaires culturelles. La moitié des horaires dédiés (au total, quatre heures pour les premières, six pour les terminales) seront assurés par les artistes, habitués à la formation. Léonard Matton, par exemple, enseigne déjà à Sciences Po Paris. « C'est très enthousiasmant de travailler avec ces professionnels », se réjouit Sophie Quenault, professeure de français et théâtre chargée de la spécialité.

 

Parmi les thématiques abordées cette année, les femmes dans l'oeuvre de Molière. « On se concentrera sur Tartuffe et L 'École des femmes », précise Léonard Matton. « On aimerait leur faire percevoir qu'un texte classique est résolument moderne ! »

Les élèves s'essaieront à la diversité des métiers liés à l'art dramatique : metteur en scène, scénographe une approche qui leur apprendra l'importance du travail en équipe dans la réalisation d'une oeuvre. « Ils s'habituent à la fois à compter sur les autres et à la fois à trouver la place qui leur est propre », constate Sophie Quenault.

Les terminale se frotteront aussi à la délicate pièce du Soulier de Satin , de Paul Claudel, quand les premières découvriront l'alexandrin, via Ruy Blas.

Faire prendre corps au texte

« Le théâtre, c'est avant tout s'approprier un texte littéraire par le corps, le jeu. Le sens vient alors plus facilement », ajoute Sophie Quenault, qui témoigne également des bienfaits de l'expression théâtrale sur l'acceptation de soi pour des adolescents bataillant parfois avec leurs complexes. « Au-delà de l'intérêt artistique, cela développe évidemment leur confiance en eux. Ceux que l'on rencontre en début de première sont plutôt timides, doutent de leurs compétences. En quittant le lycée, ils ont gagné en assurance, se sont épanouis. Ils obtiennent généralement de bonnes notes au grand oral ! »

Du côté des comédiens invités, cet échange avec les lycéens s'annonce bénéfique. Pour Léonard Matton, il s'agit presque d'une forme de réciprocité : « Le danger, c'est toujours de tourner en rond. Là, on se remet en question, on solidifie notre discours, on apporte des outils ».

L'artiste, animé d'un esprit de troupe, sait aussi la puissance des relations qui se nouent à cet âge de la vie : « Les liens tissés pendant les années lycée sont parfois indéfectibles. On partage des choses sincères, des choses qu'on ne se dira plus ».

Avec la quinzaine de spectacles auxquels ils iront assister à La Maison, les élèves de la spécialité théâtre affineront leur sens critique. Hors Nevers, ils se rendront au château de Vincennes, en octobre, pour le Hamlet immersif adapté par Léonard Matton, appelé Helsingør. Un spectacle dans lequel le public se fait acteur, pris entre les feux de récits qui s'entrecroisent.

À la fin de leur parcours, les élèves auront levé le rideau sur les ressorts du théâtre, familiers de ses coulisses. Avant d'envisager, pourquoi pas, d'en faire profession.

Alice Forges Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.