Réforme du BAC

Les lycéens neversois imaginent l'examen du Bac de demain

Plus de place pour le contrôle continu, un accent sur la découverte du monde professionnel, des épreuves orales plus nombreuses... Après la consultation en ligne lancée par le gouvernement pour solliciter l'avis des lycéens, en marge du projet de réforme du baccalauréat, des élèves de terminales en Conseil de vie lycéenne imaginent leur bac idéal.

Quand on leur demande leur vision du baccalauréat d'aujourd'hui, les plus francs disent qu'il "ne sert à rien", qu'il "est donné à tout le monde". Tous élèves en terminale à Jules Renard ou à Raoul Follereau, une dizaine de lycéens, élus au CVL (*) réagissent au projet du consultation en ligne lancée par le gouvernement, à l'horizon d'une réforme du baccalauréat en 2021.

Le contrôle continu "plus représentatif du travail de toute l'année"

"Le problème de l'épreuve finale, c'est que si l'élève se foire, il se foire ! Le contrôle continu serait plus représentatif du travail de toute l'année", explique Irvin, en terminale S. 

Pour Bastien, élève en S, le contrôle continu, c'est la solution pour "éviter beaucoup de stress d'un seul coup. Cela permettrait une meilleure répartition de la charge de travail sur toute l'année. Certains peuvent perdre leur moyen pendant les examens". 

En revanche, côté organisation, "il faut que les évaluations en contrôle continu soit commune à tous les lycéens, comme pour les actuelles épreuves du Bac, pour être sur le même pied d'égalité", complète Bennina. 

Un tronc commun pour "supprimer les préjugés sur les filières"

"Encore aujourd'hui, on entend Tu es en L, tu es moins intelligent que les S, ou Tu travailles moins. Avec un tronc commun, et un choix d'options, il n'y aurait plus ces préjugés sur certaines filières, que l'on retrouve aussi pour les Bac pro ou les Bac techno", argumente Amal. 

 

Côté matières, la jeune lycéenne en terminale ES mise sur les classiques : histoire-géo, maths, anglais et français. "Mais du vrai français ! Pour le côté littéraire, ce serait une option. On entend encore des Si j'aurai su, plaisante Amal. Il faudrait peut-être commencer par là, et donner de l'importance aux vraies bases"

Besoin d'oraux "pour prendre confiance en soi"

Réservées aux langues, au français en première, ou à certaines options, les épreuves orales ont une place bien spécifique à l'examen du bac. Mais pour les lycéens, "il devrait y en avoir plus, pense Maria. Dans le monde professionnel, on sera de plus en plus amené à prendre la parole. Avoir des oraux nous permettrait de s'entrainer pour les entretiens, de prendre confiance en nous"

Car au quotidien, difficile de le faire dans des classes "où nous sommes plus de trente, regrette Husne. J'adore l'anglais, et pourtant en cours, je n'ose pas participer. Avec les oraux, c'est aussi une chance de se rattraper quand on fait une erreur. Alors que ce qui est écrit est écrit !"

Découvrir le monde professionnel "même en filière général"

Pour Pauline, « les Bac généraux sont trop larges. Tant qu’on n’a pas fait d’études supérieures, c’est impossible de trouver un métier. Ce qu’il faudrait, c’est mettre en place des périodes de stages en entreprise tous les ans ». Pour Chloé en revanche, pas question de changer le système. « Le lycée et les révisions du Bac, c’est un entraînement. On emmagasine des connaissances pour être prêts à faire des études supérieures. Pour ceux qui veulent un côté “professionnel” plus prononcé, il y a le Bac pro ! »

Caroline Girard