Encadrement, autonomie… L'internat connaît un nouvel essor auprès des lycéens

Avec le jeu des options, les internats des lycées vivent une nouvelle jeunesse. Oubliée la pension de “papa” avec ses dortoirs impersonnels. Aujourd’hui, les internes sont “bichonnés” pour réussir.

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Internat Jules Renard - Photo Christophe Masson

L’éloignement. La chasse aux kilomètres et au temps perdu. Ce sont les premières raisons qui poussent les lycéens à opter pour la vie en internat.

Dans un département rural comme la Nièvre, l’internat est souvent l’unique solution offerte aux élèves pour poursuivre leur cursus dans un lycée d’enseignement général. Ainsi, les jeunes de Château-Chinon n’ont pas d’autres choix que de s’inscrire à l’internat du lycée Jules-Renard, à Nevers, leur établissement de secteur.

Mais, à côté de ces lycéens, contraints de choisir la communauté, il y a tous les autres. En effet, en France comme dans la Nièvre, de plus en plus d’élèves font le choix de l’internat.

« L’internat, c’est une vraie école de la vie »

« Il y a une hausse des demandes depuis dix ans », explique Valérie Millot, conseillère principale d’éducation au lycée Jules-Renard de Nevers : « nous avons parfois dû refuser des élèves. Il faut dire que l’internat a bien changé ».

« La demande est en hausse depuis cinq ans, environ. L’internat est vraiment le facteur de développement de notre lycée », confirme Martine Meunier, du lycée Romain-Rolland de Clamecy.

Un dynamisme que vient renforcer le choix des options. « À Clamecy, nous sommes les seuls du département à proposer “Patrimoines” », poursuit Martine Meunier.

Exemple encore plus parlant, le lycée Alain-Colas de Nevers. Seul établissement à recruter sur toute l’académie pour ses options arts appliqués.

« Nous avons énormément de demandes. Qui viennent de toute la région. Des élèves qui seront obligatoirement internes », commente le conseiller principal d’éducation, Éric Roy.

D’autres élèves choisissent l’internat sachant qu’être interne leur apporte un “cadre” pour progresser dans leurs études. Tout en les rendant autonomes… « L’internat, c’est une vraie école de la vie, une autre ouverture d’esprit », poursuit Valérie Millot.

Pour les aider à réussir, les lycées “soignent” leurs pensionnaires. « L’internat, c’est un peu le pouls de l’établissement », détaille Thierry Rousseau, proviseur-adjoint au lycée Maurice-Genevoix de Decize, « on veille à ce que les internes se sentent bien, s’épanouissent ».

Mais, même par choix, la vie en internat n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Difficulté à vivre en groupe, ou nostalgie du cocon familial, les lycées connaissent des départs en cours d’année.

Être interne ne sera jamais un acte anodin dans une vie de lycéen.

Laure Brunet

Deux pages sur l'internat dans la Nièvre à lire dans le Journal du Centre, édition du 26 mars 2013.