Orientation

Cordées de la réussite : aider les Nivernais à avoir de l'ambition dans leurs études supérieures

Cette semaine, se déroule la semaine nationale des Cordées de la réussite. Ce nouveau dispositif a été élargi, à la rentrée de septembre, afin d'intégrer encore plus d'élèves, notamment issus des zones rurales. Dans la Nièvre, tous les lycées publics de l'Éducation nationale en bénéficient.

« Le message que je veux envoyer aux jeunes en zone rurale et des petites villes est : "Vous êtes aussi capables et talentueux que les autres". Il n’y a pas d’obligation à faire une grande école, mais ils doivent se sentir autorisés à le faire. » Ces mots sont ceux de Salomé Berlioux.

 

Le parcours de Salomé Berlioux

La jeune femme, qui a obtenu son baccalauréat au lycée Alain-Colas, à Nevers, s’est vue confier une mission par le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Un pied en politique donc, pour avoir attiré l’attention, grâce à son livre Les invisibles de la République, sur les élèves de la "France périphérique", comme on la nomme aujourd’hui, la "province" comme on le disait avant.

Dans la Nièvre, la situation qu’elle décrit dans son rapport est encore plus criante. Éloignée de toutes villes universitaires, la Nièvre coche toutes les cases de la France rurale qui ne fait pas d’études, alors qu’elle en a les capacités.
Les départements ruraux semblent être les plus pénalisés?; encore plus que les banlieues de région parisienne.

Le rapport complet de Salomé Berlioux sur l'égalité des chances dans la France des zones rurales et des petites villes

Aussi, se basant sur ce rapport, le ministère de l’Éducation nationale a déployé un nouveau dispositif depuis la rentrée 2020 : les Cordées de la réussite. Il s’agit de remettre l’égalité des chances au cœur du système éducatif. Ce qui n’est pas une mince affaire…

Initialement, ce dispositif était réservé aux collèges et lycées classés en zone d’éducation prioritaire. Depuis septembre, ce dispositif a été élargi (fusionnant également avec les Parcours d’excellence) et vise essentiellement les zones rurales ou isolées, éloignées des métropoles qui cumulent les handicaps du fait de cet éloignement. Aussi, toute la Nièvre est concernée par ces Cordées, même si quelques rares collèges n’y ont pas postulé.

Pour qui ?

Des élèves de la 4e à la terminale. Ce dispositif vise à identifier ces jeunes qui ne réussissent pas, malgré leurs compétences, à se positionner sur leur avenir. Trente pour cent d’élèves pourrait être identifiés : c’est "la cible" de ces Cordées nouvelle formule (dont la semaine nationale a débuté lundi 18 janvier).

Des élèves suivis quelle que soit leur orientation : dans la voie générale ou dans la voie professionnelle. Le choix de la 4e est important car les élèves ont un premier choix d’orientation à faire à la fin de la 3e. Et aussi parce qu’un « parcours d’orientation se fait petit à petit, brique après brique », explique Sophie Tible, proviseure du lycée Maurice-Genevoix à Decize.

Pour les collégiens, il s’agit surtout de les ouvrir sur des métiers qu’ils ne connaissent pas, de les préparer éventuellement à partir en internat en seconde, à faire des choix non pas par défaut (ou parce que la formation est à côté de chez soi)…

Comment ?

 

Ces élèves sont, actuellement, en train d’être repérés par les enseignants des collèges et des lycées. Ils doivent être volontaires (et soutenue par leurs parents).

« Ils vont être suivis par un professeur référent, par un ou une psychologue de l’Éducation nationale et par le CIO », explique-t-on au service orientation du rectorat. Ils auront donc des entretiens réguliers, des actions dédiées, éventuellement des stages. Et surtout de nombreuses rencontres avec des plus âgés, sous la forme d’un tutorat.

Intégrer une cordée de la réussite pourra être valorisé sur la plateforme Parcoursup que les élèves remplissent pendant leur année de terminale.

Par qui ?

Tous les lycées de la Nièvre (Cosne, Clamecy, Decize et Nevers) sont en cordée de la réussite car chacun de ces lycées propose un parcours d’études supérieures. Ce qui ne veut pas dire que les lycées "poussent" les élèves à suivre les études supérieures qu’ils proposent.

« Au contraire », avance Corinne Provost, proviseure de Jules-Renard et Raoul-Follereau, à Nevers, « sont visés les élèves plutôt indécis. Il faut faire naître l’ambition. »

Quel bilan ?

Après trois ans, un premier bilan sera fait. Évidemment, pour les élèves actuellement en première ou terminale, cette durée est à nuancer, leur orientation étant à plus court terme.

Pour les autres, le suivi annuel viendra alimenter ce bilan. Les choix des élèves seront listés, ainsi que leurs parcours.

Quels moyens ?

Des budgets sont alloués afin que les établissements puissent organiser des actions (aller visiter le campus de Dijon, par exemple). Si les budgets ne sont pas dépensés cette année (crise sanitaire oblige), ils seront reportés sur l’année suivante. Les personnels référents qui s’engagent auprès des élèves toucheront une indemnité.

Trente-sept établissements de la Nièvre bénéficient du dispositif (contre quatorze à la rentrée dernière) dont vingt-sept collèges et dix lycées (général, technologique et professionnel). Tous des établissements publics et de l’Éducation nationale.

Laure Brunet

 

ARTICLE DU JDC